Les Dés étaient-ils pipés?

Le choix de la Mairie de Paris s’est porté sur la proposition
de l’association Marché du Livre-Paris qui semble mieux avoir appréhendé les enjeux spécifiques liés à l’activité du livre ancien dans l’organisation présentée (voir le Projet de délibération – Exposé des motifs). La Mairie de Paris a sélectionné l’association Marché du livre-Paris comme nouveau délégataire du Marché Brassens et successeur du GIPPE. Théoriquement, les candidatures auraient été examinées par une commission dont nous ignorons la composition et le fonctionnement. Aucune information ne circulant depuis plusieurs mois, nous avons été informés de ce choix en consultant ce projet de délibération non daté sur le site de la Mairie. Ce projet de délibération a été soumis très rapidement à l’approbation du Conseil de Paris et accepté lors de la séance de septembre 2017. Il ne figurait pas dans le sommaire provisoire et a été ajouté au dernier moment. Mais revenons sur les conditions de cet appel à propositions.

La durée de l’appel à propositions a été très courte. En consultant et comparant plusieurs annonces similaires (de type Convention d’occupation du domaine public), on constate que la durée usuelle est de l’ordre de 2 mois. Dans notre cas, la durée a été de 3 semaines. Un délai suffisamment long permet aux candidats de prendre connaissance du cahier des charges et de préparer leurs dossiers et candidatures. Dans un délai imposé aussi court, il est probable que des candidats n’ont pas pris connaissance de cet appel à propositions dans les temps et par conséquent n’ont pu constituer un dossier de candidature correspondant au cahier des charges, à moins que la Mairie n’ait utilisé volontairement ce stratagème pour écarter les candidats. Un nombre ridicule de candidats facilite nécessairement le travail des fonctionnaires et leur permet de traiter le dossier rapidement. L’idée d’un appel d’offres avait été abandonnée au profit d’un appel à propositions, dernier terme beaucoup plus malléable, particulièrement pour la Direction de l’Attractivité de l’Emploi (DAE).

Par ailleurs, bien que l’on dénombre des dizaines de sociétés dans le domaine de la gestion des marchés ou de l’événementiel en France, la Mairie annonce, dans son projet de délibération, que seules 2 structures ont été retenues! Il est évident que le projet Brassens ait été présenté volontairement incomplet, avec un cahier des charges alambiqué et un discours à géométrie variable des responsables de la DAE, stratagème bien connu pour effrayer et écarter de nouveaux candidats. Rappelons que l’ancien délégataire présentait le Marché Brassens comme un site d’une rentabilité discutable et assurait auprès de Marie-Catherine Gaillard (Chef du Service des Activités Commerciales sur le Domaine Public) que le GIPPE était déficitaire depuis plusieurs années! Curieux propos alors que l’on sait que le fiston Coudert s’attribuait un généreux salaire (sans compter les primes) depuis de nombreuses années. Ce charmant personnage se privait bien de dire que le compte bancaire du GIPPE frisait le million d’euro! (voir Le GIPPE vu de l’intérieur). On peut déduire que Marie-Catherine Gaillard n’avait pas les capacités et les connaissances pour lire un bilan comptable d’une association à but non lucratif du genre GIPPE; elle a donc préféré boire les propos de Coudert, par paresse et par facilité.

Les 2 candidatures acceptées ont été l’association Marché du livre-Paris représentée par Delphine Schrotter (bouquiniste) et un projet de constitution de société commerciale sur l’initiative d’Alain Dhouailly (bouquiniste) et Pierre Banget-Mossaz (ancien bouquiniste et retraité).

Un des critères dans le cahier des charges reposait sur les références du candidat dans le domaine du livre, l’efficacité et la cohérence des modalités de gestion proposées, organisation des moyens humains, mise à disposition de matériel, suivi administratif, tarifs envisagés pour les exposants (voir Appel à propositions). Comment expliquer qu’une association à but non lucratif récemment constituée (Association Marché du livre-Paris) et un projet de constitution de société commerciale (non constituée) disposaient de telles références? Ne disposant d’aucune expérience dans ce domaine d’activité, comment ces structures pourraient-elles donner les garanties professionnelles, financières, techniques et humaines à court ou à moyen terme?

Il est évident que l’association Marché du livre-Paris à bénéficié d’un traitement de faveur, dans un premier temps en bénéficiant d’un soutien du GIPPE et de son délégué général Olivier Coudert pendant près de 2 ans, et dans un deuxième temps, en bénéficiant d’une complaisance de la Mairie et de la Direction de l’Attractivité et de l’Emploi (Marie-Catherine Gaillard, Régine Wagner et Carine Saloff-Coste). Le rejeton Coudert ne cachait pas ses certitudes concernant le choix de la Mairie de Paris. Il se félicitait de soutenir et encadrer l’association Marché du livre-Paris et n’hésitait pas à dire que le jeu était fait en sous-entendant qu’il était inutile d’imaginer un scénario différent de celui qu’il proposait, ou plutôt qu’il imposait à demi-mots. On imagine de quelle manière et avec quels arguments il a présenté le dossier de son candidat l’association Marché du livre-Paris à la Mairie de Paris! De plus, il faut se souvenir que Coudert se chargeait ou était chargé (par la DAE) de collecter les dossiers des candidats à la gestion du Marché Brassens dès 2016; une tâche qui lui permettait, entre autre, de connaitre le contenue des dossiers de candidature…

Un faisceaux de détails tend à prouver que les dés étaient pipés bien avant cet appel à propositions. Par manque de couverture médiatique sur ce dossier, la Mairie de Paris et sa DAE s’est permis de nombreuses libertés. La DAE s’est dispensée de soumettre un vrai projet complet à la concurrence. De plus, elle a délibérément accepté le plan du délégué général du GIPPE, bien connu pour son manque de probité.

La Mairie de Paris et sa DAE pratique le favoritisme et plusieurs affaires ont défrayé la chronique depuis quelques mois. Le dossier Brassens est d’autant plus curieux que les décisions concernant ce marché ont été prise après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi resserrant les conditions de mise en concurrence des prestations proposées au domaine privé. Une chose est certaine aujourd’hui, il a eu favoritisme, atteinte flagrante à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats!

Les Dernières modifications statutaires

Les dernières modifications statutaires de l’association Marché du livre-Paris décidées lors de l’assemblée générale extraordinaire du 15 juillet 2017 concernent l’article 7 (Composition de l’association), article ajouté dans la seconde version des statuts. Cette modification n’est pas anodine. Le statut des exposants et leurs rapports avec l’association Marché du livre-Paris sont traités en quelques lignes dans cet article. Les exposants sont devenus ou plutôt redevenus des «membres correspondants», c’est-à-dire des membres qui bénéficient des prestations de l’association (pour autant que payer son emplacement soit vraiment une prestation!) et surtout, ne sont éligibles à aucune fonction. L’idée de «membres correspondants» n’est pas nouvelle, le précédent délégataire l’utilisait depuis près de 30 ans. Le statut de «membre correspondant» est tout simplement un artifice qui permet de verrouiller une association. (Coudert est probablement pas étranger à cette modification majeure). Pour mémoire, rappelons que durant sa campagne de marketing auprès des exposants, l’association Marché du livre-Paris et Delphine Schrotter prétendaient être, dans son discours, une association totalement différente du GIPPE, réellement représentative des exposants, en bref, une association à but non lucratif qui aurait pour mission de défendre le Marché Brassens, ses exposants et leurs intérêts. En quelques mois, le glissement sémantique de son discours a eu pour effet de changer le sens du discours initial…

On note aussi une modification sur la liste des personnes en charge de l’administration de l’association (en date du 27 aout 2017). La présidente Delphine Schrotter a démissionné pour céder sa place à son ami et collègue bouquiniste Raphaël Sylvestrône. La démission de Schrotter est comparable à un double salto arrière avec réception sur la caisse enregistreuse. Cette manœuvre lui permet de devenir placière et salariée, abandonnant sa laborieuse activité de bouquiniste sur le Marché Brassens. La loi sur les associations autorise qu’un président d’association accomplisse un travail effectif pour son association, mais la rémunération associée est strictement encadrée. Dans son cas, un travail à mi-temps maximum représenterait une rémunération de l’ordre de 600€ bruts. Donc, quel que soit le titre qu’elle s’attribuera (déléguée générale, surveillante en chef, etc), elle pourra dorénavant définir son salaire, ses primes, ses tâches et la durée de son travail elle-même, comme son modèle et prédécesseur Olivier Coudert; décidément, les chiens ne font pas des chats!

Le bouquiniste Alexis Lenin reste au poste de secrétaire. Après avoir travaillé illégalement comme bouquiniste chaque week-end durant près de 10 ans sur le Marché Brassens grâce à la complaisance de son ami Olivier Coudert, Charles Guilleux a fini par régulariser sa situation le 10 juillet 2017, en se re-inscrivant au Registre du Commerce et des Sociétés. Ce triste personnage, bien connu des bouquinistes pour son honnêteté légendaire, reste trésorier de l’association Marché du livre-Paris. Son rôle de trésorier lui permettra certainement de percevoir quelques profits et avantages en toute discrétion. Sans hésitation, il attribue un «like» et une note de 5/5 sur la page facebook de sa propre association! (voir la saisie d’écran).

On peut consulter ces derniers modifications dans notre rubrique «documents» (à partir de la 7e page): Statuts modifiés et liste modifiée des personnes chargées de l’administration

Les Allégations et les divagations de Liliane Coudert

Nous avions souligné à plusieurs reprises les allégations et les divagations de Liliane Coudert dans le passé, liées à un déséquilibre et probablement à un mélange de paranoïa et d’hystérie. Elle s’exprimait pour la première fois à travers une lettre publique distribuée par son fiston aux exposants du Marché Brassens le 13 avril 2017 (voir La Présidente du GIPPE accuse!). Elle réitère aujourd’hui ses accusations, cette fois-ci sa nouvelle charge concerne 3 membres historiques du GIPPE: Eric Desachy, Marc et Norbert Dors. Ces messieurs sont accusés de nouveaux crimes par le président-procureur du GIPPE. Nous reproduisons la lettre que notre chère Liliane à adressé à ces 3 membres:

Paris, le 28 Octobre 2017

Monsieur,

Depuis maintenant plus d’un an, vous avez manifesté votre opposition systématique aux décisions prises par la majorité des membres de l’association.

Vous avez ainsi de manière tout à fait irrégulière refusé de signer le procès-verbal de l’assemblée générale du 24 juin 2016, qui était pourtant le compte rendu exact des débats et des votes soumis aux membres de l’association.

A cette occasion, vous avez par ailleurs fait preuve d’une attitude extrêmement agressive et inacceptable vis-à-vis des autres membres.

Lors de l’assemblée générale du 14 Octobre 2016, vous avez ensuite démissionné sans préavis de vos fonctions de président en exprimant à nouveau votre total désaccord avec les objectifs et les choix des membres de l’association, que vous avez confirmé par votre lettre du 23 Mai 2017.

Enfin, il apparait également qu’à compter de cette période, vous avez indiscutablement entretenu des relations avec le « Collectif Solidaire du Marché Brassens » qui a diffusé des écrits provocateurs et perturbateurs pour le fonctionnement du Marché et de l’association, en faisant notamment état de manière déformés d’informations dont seuls les membres avaient connaissance.

Considérant que l’article 1er de la Loi de 1901 consacre comme un principe essentiel l’obligation de bonne foi, il ne peut être acceptable que des membres puissent avoir un comportement contraire à l’intérêt de l’association en menaçant de compromettre son fonctionnement.

En vertu du pouvoir disciplinaire prévu par les disposition de l’article 3 des statuts de l’association, qui constitue une condition essentielle au maintien de la cohésion entre les membres et à la réalisation des objectifs communs, une réunion se tiendra le Vendredi 17 novembre 2017 à 18 heures au siège social, 51, rue Santos Dumont à Paris 75015, afin de statuer sur vos responsabilités et de prononcer, le cas, échéant, une sanction pouvant aller jusqu’à votre exclusion de l’association.

Aussi, nous vous invitons à vous présenter à cette réunion, dans le but de nous faire part de vos observations et remarques et de présenter votre défense.

Nous vous rappelons l’importance d’une telle procédure et la gravité de la sanction que vous encourez.

Nous vous prions de croire, Monsieur, en l’assurance de nos salutations distinguées.

Liliane COUDERT Présidente [du GIPPE]

[Voir la copie de la lettre originale en archive]