Le GIPPE vu de l’intérieur

Nous publions aujourd’hui une lettre de Norbert Dors datée du 7 avril 2017. Norbert Dors est membre du GIPPE depuis plus de 25 ans, il fut l’un des créateurs historiques du marché Brassens avec Eric Desachy et René Froment. Cette lettre accablante résume en quelques anecdotes le lamentable fonctionnement du GIPPE et l’affligeant comportement des Coudert et consort durant des années. Nous n’avions jusqu’à présent aucun témoignage direct sur le fonctionnement interne du GIPPE. Cette lettre à le mérite de faire la lumière sur le véritable caractère des Coudert.

En avril 2017, lors de la réception de cette lettre, nous avions pris l’initiative de ne pas publier cette lettre car nous estimions qu’il n’était pas utile et judicieux de s’immiscer dans les relations conflictuelles entre les dirigeants et responsables du GIPPE.

Voici donc aujourd’hui la lettre de Norbert Dors dans son intégralité:

Monsieur,

En tant que membre actif du G.I.P.P.E depuis près de trente ans et découvrant par hasard vos infolettres, je me permets de réagir aux différentes informations que vous y donnez.

En premier lieu je tiens à préciser que, n’appartenant à aucune coterie du Marché, ni ne soutenant tel ou tel groupe ou clan que vous décrivez, je vous livre mon opinion, dégagée de tout parti-pris.

Par ailleurs, même si le ton grinçant de vos écrits me porte à sourire, la charge, qui peut sembler forte est encore bien loin d’approcher la réalité.

Ainsi, le rôle que vous attribuez au délégué général dans cette affaire n’est-il qu’un leurre destiné à détourner les regards des buts ultimes d’une manœuvre engagée depuis longtemps déjà au sein du G.I.P.P.E. et bien prêt d’aboutir.

En bon sycophante, je puis vous relater plusieurs faits susceptibles de déciller quelques paires d’yeux…

Au cours de son existence, l’exploitation du Marché Georges Brassens a rapporté au G.I.P.P.E des sommes tellement considérables que les rendre publiques me ferait passer pour un pur mythomane. Disons, sans plus s’avancer, que certains comptes bancaires ont plus d’une fois flirté avec le million d’euros.

Or, après que l’ancien président, et membre fondateur, René Froment, ait été exclu dans des conditions ubuesques qu’il ne m’appartient pas de relater ici, a commencé une opération de dépeçage sournois…

Le pactole a, entre autres, permis quelques largesses dont la justification resterait à démontrer.

On citerait au hasard de rondelettes primes (?) servies au délégué général – en sus de son généreux salaire – pour le remercier de ne faire rien de plus que d’accomplir sa tâche (!) en participant à l’organisation de salons ou marchés; ou mieux encore une bien modeste gratification (pensez: à peine 300 000 francs à l’époque), versée rubis sur l’ongle, pour saluer le départ de la très «bénévole» ex-placière (et par parenthèse, maman de délégué général) Liliane Coudert. Charge de placier qui échut héréditairement tel un titre nobiliaire, au rejeton de la Famille.

Quant aux sommes invraisemblables dépensées pour la promotion de la gentilhommière des Coudert à travers la si charismatique figure de Madame Zulma Carraud (dont la plupart d’entre nous, pauvre béotiens, ignoraient jusqu’à l’existence), vous avez vous-même, en d’autre temps noté leur disproportion ainsi que la ténuité de leur lien avec le Marché. Je n’insisterai donc pas sur ce point (de détail?).

Reste que la situation financière de l’association est encore fort enviable… Et le magot, bien qu’écorné demeure appétissant.

Alors, comment fallait-il agir pour le détourner de sa vocation initiale (à savoir : promouvoir et faire vivre le Marché)?

C’est tout simple:

La première phase consista à changer très profondément les statuts de l’association suivant les conseils TRES avisés d’un avocat «ami» (des Coudert s’entend). J’encourage les curieux à se faire communiquer par voie légale les deux moutures successives.

Deuxième temps, intriguer au sein du G.I.P.P.E. Il y aurait, là encore, bien des anecdotes croustillantes à conter.

Par intriguer, on entend, accueillir au sein de l’association des membres (amis de la famille) sans le plus petit lien avec le Marché en les intégrant par un vote majoritaire, tout en refusant de recevoir certains postulants (marchand participant au marché Georges Brassens depuis sa création). En arguant sans vergogne que les intégrations se font désormais à l’unanimité! (Dixit Monsieur Roger Coudert devant témoins; qui en grand expert de la maladie diplomatique, pratique depuis lors la politique de la chaise vide).

Bref, népotisme et copinage de «chapelle» (au sens propre) permettent à la Coudert Connection et de leurs séides d’envisager sereinement la phase suivante, bientôt mise en œuvre.

Celle-ci consiste à vendre les murs du local, siège du GIPPE, sis au 51 rue Santos Dumont. (Prix moyen du m2 Paris XVe: environ 9000 €).

Le but est double :

Tout d’abord réaliser une jolie plus-value sur ce local acheté sur plans (bon marché); et ensuite (et «surtout» serait-on tenté de dire) pouvoir délocaliser le siège du GIPPE en toute «transparence»… «Où cela?» Un membre curieux risqua innocemment cette question légitime lors de la dernière assemblée générale.

A quoi, Liliane Coudert, avec le formidable aplomb de ceux qui règnent sans partage à répondu, bouche en cœur: «Mais chez nous! Dans NÔTRE maison!».

Inutile d’expliquer combien il sera malaisé aux membres parisiens ennemis des entourloupes cousues de fil blanc, d’exercer un minimum de contrôle sur les petites assemblées entre amis…

Pour la dernière phase de la manœuvre un esprit suspicieux, voire mal intentionné – ce qui n’est pas mon cas – pourrait imaginer que se trouverait modifié (lors d’une assemblée campagnarde), l’objet même de l’association pour toucher enfin au Saint Graal et faire que le pauvre argent du livre contribue à la magnificence de la demeure de Sainte Zulma, par exemple?

Toutes ces manigances de bas étage, ourdies par des Machiavel du terroir doivent leur succès à un autre plan, du même acabit : l’élection par le passé, à l’unanimité, d’un Président bonhomme, qui, ne voyant nulle part le mal à l’œuvre et consacrant toute son énergie à faire régner l’harmonie au sein du G.I.P.P.E., était considéré par d’aucuns comme un véritable beni oui-oui.

Ce qui fit que, lors d’une assemblée de triste mémoire, devant la volonté farouche des Coudert et C° d’abandonner le Marché et de se trisser avec le magot, le Président démissionna sous l’œil sévère d’un avocat mandé par le délégué général pour le seconder dans la rédaction du P.V. d’assemblée. Dans la foulée, Liliane Coudert fut élue présidente. (Pas à l’unanimité, comme de juste…). La boucle était ainsi bouclée.

Lors de cette même assemblée, l’ancien trésorier tout aussi dépité de la tournure des événements, démissionna aussi. A cette occasion, il fit remarquer que tout au long de sa mandature, jamais il n’avait signé un seul chèque (!) ni donné son aval à la moindre dépense. Il ajouta que le délégué général l’avait soigneusement tenu à l’écart des comptes de l’association. Tout cela sous l’œil guilleret dudit délégué.

Puisse ce modeste témoignage apporter un peu d’eau à votre moulin. Je pense pour ma part que la Mairie de Paris, partie-prenante jusqu’ici de la belle aventure du Marché au livre aurait quelques motifs de s’intéresser à la question. Il me semble, que tout naturellement, l’argent du livre doit revenir au livre. Il pourrait être employé par exemple pour restaurer la toiture du pavillon Baltard qui donne de grands signes de faiblesse les jours de pluie ; ou pour toute autre utilisation visant à promouvoir, exploiter ou améliorer le Marché. Peut-être même, qu’une analyse fiscale de la situation par les autorités compétentes, pourrait permettre d’éviter que ces fonds ne s’évaporent dans la nature berrichonne…

Cordialement,

Norbert DORS

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